|
Lors d'une vente à DROUOT, fin 2006, l'assistance des acheteurs potentiels a été troublée par une notion jusque-là peu mise en avant : "le creux".
Il est donc nécessaire d'apporter certaines précisions sur les modes de fabrication de la série historique commencée à sa reprise d'activité en 1935 par Gustave VERTUNNI à Paris. A être du plomb creux selon la terminologie de l'époque des soldats jouets, seuls les chevaux de VERTUNNI ont droit à cette appellation, leur confection résultant du DEVIDE. Tous les piétons, jambes apparentes sont en massif.
La série des sujets en robes, du moyen-âge et les dames, toutes époques ont un bas de buste en partie rempli surmontant une concavité épousant fidèlement les méandres des plis des robes, le vide se faisant au RENVERSE.
A partir d'une époque, que l'on n'a pu dater avec précision, cette cavité a été en partie remplie dans sa partie inférieure avec du plâtre, le but étant de renforcer le pourtour qui parfois s'écrasait quand le sujet avait été coulé de faible épaisseur.
Un expert avait conclu que les sujets sans plâtre étaient forcement antérieurs aux autres, donc les plus anciens et l'avait annoncé en début de séance. Le raisonnement est valable, mais pas absolu car les vendeurs avant la mise sur le marché font sauter le bouchon de plâtre et nous demandent de les fournir en sujets sans plâtre, ce que nous faisons désormais.
J'appréciais pourtant cette surface qui permettait un étiquetage d'identification.
Je suis très cocardier et je m'efforce surtout quand je rédige, de ne pas utiliser des mots anglais. Aussi j'ai été décontenancé de ne trouver dans mon HARRAP'S que la définition la plus approchante du mot scoop. « Reportage sensationnel que l'on est le premier à publier ». Mon plus récent LAROUSSE adopte lui aussi le qualificatif de sensationnel.
Or la nouvelle ne mérite pas un tel qualifiant puisqu'il ne s'agit en fait que de l'annonce de la cessation de nos activités en tant qu'exploitants commerciaux de la marque VERTUNNI, par contre je suis bien le premier à la publier.
La décision a été prise récemment et prendra effet dans les semaines à venir de l'année 2011. Elle a été motivée par deux impératifs, le premier, mon âge, je serai bientot dans la moitié de ma huitième décennie. Le second beaucoup plus important concerne mon épouse Yvette, le peintre exclusif de notre petite entreprise, qu'une affection à la rétine prive d'une partie de son potentiel visuel.
Pour la pérennité de la marque nous allons céder les moules et nos prérogatives à un consortium de collectionneurs dont l'éthique sera la sauvegarde des valeurs affirmées de VERTUNNI plutôt que le développement de pratiques commerciales.
|